Calcul du coût de revient en transport routier : méthode et exemple corrigé

C'est le calcul qui décide de l'examen — et celui qui vous servira encore le jour où vous fixerez vos prix. Voici la méthode complète, puis un exercice entier corrigé chiffre par chiffre.

L'essentiel
  • On sépare les charges variables (qui dépendent des kilomètres) des charges fixes (qui courent même à l'arrêt).
  • On les ramène à trois unités : le kilomètre, l'heure, le jour — c'est la méthode du trinôme.
  • Tout se calcule hors taxes : la TVA est récupérée, elle n'est pas une charge.
Dans cette page
  1. Pourquoi ce calcul décide de votre examen
  2. Les trois familles de charges
  3. Les trois formes du calcul
  4. L'exercice corrigé, en trinôme
  5. Les pièges qui coûtent des points
  6. Lire un corrigé ne suffit pas
  7. Sources et méthode
  8. Questions fréquentes

Pourquoi ce calcul décide de votre examen

Les chiffres officiels sont sans appel : à la session 2024, 48,6 % des candidats présents ont eu une note éliminatoire à l'épreuve rédigée — celle où tombe la gestion — contre 10,6 % au QCM (rapport du jury de la DGITM). Près d'un candidat présent sur deux est donc éliminé sur cette seule épreuve, alors que l'admission exige au moins 40/100 à l'écrit rédigé et 120/200 au total.

Ce n'est pas un exercice scolaire : le coût de revient est l'outil qui vous dira si un client vous fait gagner ou perdre de l'argent, et le code des transports (article L3221-1) interdit de facturer une prestation en dessous de son coût. Savoir le calculer, c'est la compétence que l'examen cherche à vérifier.

Les trois familles de charges

Tout part du même geste : classer les charges annuelles de l'entreprise.

  • Les charges variables dépendent directement de l'activité : carburant, pneumatiques, entretien et réparations, péages. Un véhicule qui ne roule pas n'en génère pas.
  • Les charges fixes courent que le véhicule roule ou non : amortissement, assurances, taxes du véhicule. On y ajoute le coût du conducteur, salaire brut augmenté des charges patronales — fixe pour l'entreprise, mais que le trinôme rapporte aux heures de conduite.
  • Les charges de structure sont la quote-part des frais généraux de l'entreprise (direction, bureaux, comptabilité) imputée au véhicule.

Les trois formes du calcul

Selon les sujets, l'énoncé demande l'une de ces trois formes — la logique reste la même, seul le nombre d'unités d'œuvre change :

  • Le monôme : tout est ramené au kilomètre. Simple, mais grossier — il suppose que le temps ne coûte rien.
  • Le binôme : un terme kilométrique et un terme journalier (ou horaire). C'est déjà réaliste pour beaucoup d'entreprises.
  • Le trinôme : un terme kilométrique, un terme horaire et un terme journalier. C'est la forme la plus fidèle, et celle qu'il faut savoir mener — qui la maîtrise sait faire les deux autres.

L'exercice corrigé, en trinôme

Une entreprise exploite un ensemble articulé affecté au transport de lots complets en régional. À partir des données prévisionnelles annuelles ci-dessous, il faut établir le coût de revient selon la méthode du trinôme, puis chiffrer une opération de 900 km, 13 heures de conduite, sur 2 jours. Les montants signalés TTC s'entendent TVA à 20 % incluse.

Données de l'énoncé. Valeurs illustratives, produites par les générateurs d'exercices de CapaTransport.
PosteValeur
Kilométrage annuel103 000 km
Jours d'exploitation par an230 jours
Heures de conduite par an1 820 h
Consommation moyenne32 L/100 km
Prix du gazole (TTC)1,764 €/L
Pneumatiques (TTC)5 520 €
Entretien et réparations (TTC)11 760 €
Péages10 600 €
Salaire mensuel brut du conducteur2 700 €
Charges patronales44 % du brut
Amortissement annuel du véhicule18 500 €
Assurances4 500 €
Taxes du véhicule1 200 €
Charges de structure imputées19 000 €
Étape 1

Ramener les données hors taxes

Gazole : 1,764 ÷ 1,2 = 1,470 €/L
Pneumatiques : 5 520 ÷ 1,2 = 4 600 €
Entretien : 11 760 ÷ 1,2 = 9 800 €
Péages : déjà hors taxes → 10 600 €

Trois postes convertis, un déjà HT — c'est exactement là que se perdent des points.

Étape 2

Le total des charges variables

Carburant = 103 000 ÷ 100 × 32 L × 1,470 € = 48 451,20 €
Charges variables = 48 451,20 + 4 600 + 9 800 + 10 600

Charges variables = 73 451,20 €

Étape 3

Le terme kilométrique

Terme kilométrique = charges variables ÷ kilométrage annuel
= 73 451,20 ÷ 103 000

Terme kilométrique = 0,713 €/km

Étape 4

Le coût du conducteur, puis le terme horaire

Coût conducteur = 2 700 € × 12 × (1 + 44 %) = 46 656,00 €
Terme horaire = 46 656,00 ÷ 1 820 h

Terme horaire = 25,64 €/h

Étape 5

Le terme journalier

Charges fixes et de structure = 18 500 + 4 500 + 1 200 + 19 000 = 43 200 €
Terme journalier = 43 200 ÷ 230 jours

Terme journalier = 187,83 €/jour

Étape 6

Le coût de revient de l'opération

Coût = 0,713 × 900 km + 25,64 × 13 h + 187,83 × 2 jours
= 641,70 + 333,32 + 375,66

Coût de revient = 1 350,68 €

Étape 7

Le prix de vente, avec une marge de 13 %

Prix de vente = coût de revient × (1 + marge)
= 1 350,68 × 1,13

Prix de vente hors taxes = 1 526,27 €

Les pièges qui coûtent des points

  • La TVA. Certains postes sont donnés TTC, d'autres non. Convertir tout, ou ne rien convertir, fausse l'ensemble du calcul dès la première ligne.
  • Les charges oubliées. Les charges de structure et les taxes du véhicule sont faciles à laisser de côté : elles font pourtant partie du coût.
  • Les charges patronales. Le salaire brut n'est pas le coût du conducteur — il faut appliquer le taux de charges donné dans l'énoncé.
  • Les arrondis. Le terme kilométrique se donne à trois décimales, les termes horaire et journalier à deux. Arrondir trop tôt, ou pas au bon rang, écarte le résultat final.
  • Coût et prix. Le coût de revient n'est pas le prix de vente : la marge s'applique après, et jamais l'inverse.

Lire un corrigé ne suffit pas

Vous venez de suivre un calcul complet — et c'est précisément le piège de la révision : tout paraît clair tant qu'on lit, beaucoup moins quand il faut produire les chiffres seul, en temps limité, sur des données qu'on n'a jamais vues. L'épreuve dure 4 h 15 et se joue sur la vitesse d'exécution autant que sur la méthode.

C'est la raison d'être des générateurs de CapaTransport : chaque tirage fabrique un exercice neuf — les postes changent, les valeurs changent, la forme demandée change, les pièges se déplacent — et la correction détaille chaque étape comme celle que vous venez de lire. Pour voir à quoi ressemblent les vrais sujets, allez voir les annales ; pour le barème et les seuils, le déroulé de l'épreuve.

Sources et méthode

  • La méthode du coût de revient n'est fixée par aucun texte réglementaire : c'est une pratique comptable, telle qu'elle est attendue dans les sujets d'examen. Les sujets officiels publiés par les DREAL en donnent la forme de référence.
  • Interdiction de facturer sous le coût de la prestation : article L3221-1 du code des transports.
  • Rapport du jury, session 2024 (DGITM) — notes éliminatoires par épreuve.
  • Les valeurs de l'exercice sont illustratives : elles proviennent des générateurs d'exercices de CapaTransport et ne constituent ni un barème ni un prix de marché.
  • Consulté et vérifié le 3 août 2026.

Questions fréquentes

Comment calcule-t-on un coût de revient en transport routier ?

On répartit toutes les charges annuelles de l'entreprise entre des charges variables (carburant, pneumatiques, entretien, péages) et des charges fixes (conducteur, amortissement, assurances, taxes, structure), puis on les ramène à une unité d'œuvre : le kilomètre, l'heure et le jour. Le coût d'une opération est ensuite la somme de ces termes multipliés par les kilomètres, les heures et les jours qu'elle mobilise.

Qu'est-ce que la méthode du trinôme ?

C'est la forme complète du calcul : un terme kilométrique (les charges variables rapportées au kilométrage annuel), un terme horaire (le coût du conducteur rapporté aux heures annuelles) et un terme journalier (les charges fixes rapportées aux jours d'exploitation). Le monôme ramène tout au kilomètre, le binôme utilise deux termes.

Faut-il calculer en hors taxes ou en TTC ?

En hors taxes. L'entreprise récupère la TVA : elle ne constitue donc pas une charge. C'est le piège classique de l'épreuve, où certains postes sont donnés TTC et doivent être divisés par 1,2 avant tout calcul, tandis que d'autres, comme les péages, sont déjà hors taxes.

Peut-on vendre une prestation en dessous de son coût de revient ?

Non. Le code des transports interdit de proposer un prix de transport inférieur au coût de la prestation : le prix doit couvrir au moins les charges, fixes et variables, entraînées par l'opération. C'est aussi pour cela que le calcul du coût de revient est au programme de l'examen.

Dernière mise à jour : 10 septembre 2026.