La réglementation à l'examen de capacité de transport : programme et questions corrigées
Trois opérations de cabotage en sept jours, puis quatre jours d'interdiction. Quatre heures et demie de conduite, puis quarante-cinq minutes de pause. La réglementation est la matière des chiffres et des délais — celle où l'on perd des points à une unité près, et celle qui a le plus bougé depuis le Paquet Mobilité.
- Deux blocs à ne jamais confondre : le règlement (CE) n° 561/2006 encadre le conducteur (conduite, pauses, repos) ; les règlements 1071/2009 et 1072/2009 encadrent l'entreprise (accès à la profession, licences, cabotage).
- Les cinq chiffres pivots de la conduite : 4 h 30 avant pause, 45 minutes de pause, 9 h par jour (10 h deux fois par semaine), 56 h par semaine, 90 h sur deux semaines.
- Depuis le 1er juillet 2026, en transport international, les règles de conduite et de repos et le tachygraphe s'appliquent dès 2,5 tonnes : les corrigés antérieurs à cette date sont périmés sur ce point.
Dans cette page
- Pourquoi cette matière compte à l'examen
- Ce que recouvre la matière à l'examen
- Les temps de conduite et de repos, chiffre par chiffre
- Le chronotachygraphe : les échéances à connaître
- Accéder à la profession, puis au marché
- Trois questions d'entraînement, corrigées
- Les confusions qui coûtent des points
- S'entraîner sur cette matière
- Sources
- Questions fréquentes
Pourquoi cette matière compte à l'examen
La réglementation est, avec le droit social, le domaine le plus fourni du QCM — et le plus traître, parce qu'il est presque entièrement fait de valeurs numériques qui se ressemblent : 9 et 11 heures, 24 et 45 heures, 28 et 56 jours, 3 et 4 jours. Une lecture trop rapide de l'énoncé, et la bonne valeur se retrouve appliquée à la mauvaise notion. Il faut au moins 50 sur 100 au QCM pour être admis, sur un total de 120/200 : le détail du barème est sur notre page Comment se passe l'examen.
Une mise en garde d'emblée : aucune répartition chiffrée officielle des 50 questions par matière n'existe. Les tableaux du type « 8 questions de réglementation » qui circulent en ligne ne reposent sur aucun texte. Ce qu'on peut dire en lisant les sujets publiés, c'est que la matière tombe chaque année, et que les temps de conduite et de repos en forment le noyau dur.
Second point d'attention, propre à cette matière : elle bouge. Le « Paquet Mobilité » — les règlements (UE) 2020/1054 et 2020/1055 — a réécrit le retour du conducteur et du véhicule, la carence entre deux cycles de cabotage, le seuil de tonnage et la durée de conservation des enregistrements, avec des échéances échelonnées jusqu'au 1er juillet 2026. Réviser sur un support ancien, c'est apprendre des réponses fausses.
Ce que recouvre la matière à l'examen
Le programme officiel est l'annexe I du règlement (CE) n° 1071/2009. Ce que les sujets étiquettent « réglementation » y recouvre trois domaines : l'accès au marché (domaine 6), les normes et l'exploitation techniques pour le tachygraphe (domaine 7) et la sécurité routière pour les temps de conduite et de repos (domaine 8). Traduit en thèmes de questions, cela donne :
- Les temps de conduite, de pause et de repos. Le cœur de la matière : conduite continue et journalière, conduite hebdomadaire et bi-hebdomadaire, repos journalier normal, réduit ou fractionné, repos hebdomadaire et sa compensation, double équipage, traversée en ferry ou en train, retour du conducteur et du véhicule.
- Le chronotachygraphe et la carte de conducteur. Validité et unicité de la carte, fréquences de téléchargement, durée de conservation, tachygraphe intelligent et saisie du symbole du pays, inspection en atelier agréé, conduite en cas de perte ou de vol, sanction des dispositifs de fraude.
- L'accès à la profession. Les quatre conditions du règlement 1071/2009 — établissement, honorabilité, capacité financière, capacité professionnelle —, le rôle du gestionnaire de transport, l'inscription au registre électronique national, la perte de l'honorabilité et l'inaptitude à gérer.
- L'accès au marché. Licence communautaire et licence de transport intérieur, copies certifiées conformes, cabotage et sa carence, transports dispensés de licence, compte propre, commissionnaires de transport, location de véhicules industriels avec conducteur, autorisations multilatérales du Forum international des transports.
- Les documents et les contrôles. Lettre de voiture, feuille de location, documents à présenter sur la route, justificatifs de cabotage, attestation de conducteur, déclaration de détachement, contrôles en entreprise, immobilisation et consignation, sanctions administratives du préfet de région.
La frontière avec le droit social est le piège de classement le plus fréquent : les durées de service des conducteurs relèvent du code des transports français, les durées de conduite du règlement européen. Deux séries de chiffres, deux matières, et parfois le même nombre — 56 heures désigne un plafond de service dans l'une, un plafond de conduite dans l'autre.
Les temps de conduite et de repos, chiffre par chiffre
Tout part d'une définition qu'il faut avoir en tête avant de compter : au sens du règlement, la semaine est la période comprise entre lundi 0 heure et dimanche 24 heures. C'est sur cette semaine calendaire que se mesurent les 56 heures — à ne pas confondre avec les six périodes de 24 heures qui, elles, courent depuis la fin du repos hebdomadaire précédent.
| Règle | Valeur |
|---|---|
| Conduite continue avant pause | 4 h 30 |
| Pause obligatoire | 45 min, ou 15 min puis 30 min |
| Conduite journalière | 9 h, portée à 10 h deux fois par semaine |
| Conduite hebdomadaire | 56 h |
| Conduite sur deux semaines consécutives | 90 h |
| Repos journalier normal | 11 h (ou 3 h puis 9 h) |
| Repos journalier réduit | 9 h, trois fois entre deux repos hebdomadaires |
| Repos hebdomadaire normal | 45 h |
| Repos hebdomadaire réduit | 24 h, à compenser en bloc |
| Délai avant le repos hebdomadaire suivant | six périodes de 24 h |
Quatre règles échappent au tableau et tombent tout aussi souvent :
- La compensation d'un repos hebdomadaire réduit se prend en bloc, rattachée à un autre repos d'au moins 9 heures, avant la fin de la troisième semaine qui suit celle du repos réduit.
- Le repos hebdomadaire normal de 45 heures ne peut pas être pris en cabine : l'employeur doit fournir, à ses frais, un hébergement adapté. Seuls les repos journaliers et les repos hebdomadaires réduits peuvent l'être, véhicule à l'arrêt et équipé d'un couchage.
- En double équipage, chaque conducteur doit prendre un nouveau repos journalier d'au moins 9 heures dans les 30 heures suivant la fin du précédent.
- Le Paquet Mobilité impose à l'employeur d'organiser le travail pour que le conducteur puisse rentrer chez lui ou au centre opérationnel toutes les 4 semaines — toutes les 3 semaines après deux repos hebdomadaires réduits consécutifs — et au véhicule utilisé en international de revenir dans le pays d'établissement toutes les 8 semaines. Mémo : conducteur 4, véhicule 8.
Le chronotachygraphe : les échéances à connaître
Le règlement (UE) n° 165/2014 est le versant « preuve » du 561/2006 : il ne fixe pas les durées, il organise leur enregistrement et leur contrôle. Les valeurs à retenir tiennent en six lignes.
- Carte de conducteur : 5 ans. Personnelle et incessible, un conducteur ne peut en détenir qu'une seule — en avoir deux est une infraction grave.
- Téléchargement : 28 jours pour la carte, 90 jours pour l'unité embarquée du véhicule (règlement (UE) n° 581/2010). Le « 95 jours » de l'ancien arrêté français du 6 juillet 2005 reste un distracteur classique : il est écarté par la primauté du règlement européen.
- Conservation : un an pour les fichiers téléchargés, disques et impressions, tenus à la disposition des agents de contrôle.
- Contrôle sur route : la journée en cours et les 56 jours précédents, depuis le 31 décembre 2024. La valeur antérieure, 28 jours, figure encore dans beaucoup de supports.
- Inspection : tous les deux ans au minimum, par un atelier agréé, indépendamment du contrôle technique. L'entreprise ne peut pas étalonner l'appareil elle-même.
- Perte ou vol : 15 jours calendaires de conduite au maximum sans carte, avec impression en début et en fin de service, identifiée et signée ; le remplacement doit être demandé dans les 7 jours.
Hors du champ du règlement européen, la preuve change de nature : le conducteur justifie alors de ses temps au moyen de l'horaire de service ou, à défaut, du livret individuel de contrôle, dont l'arrêté du 6 mars 2025 a fixé le nouveau modèle et autorisé la version électronique présentée par code à réponse rapide.
Accéder à la profession, puis au marché
Deux règlements, deux étages. Le 1071/2009 décide qui peut être transporteur : l'entreprise doit satisfaire quatre conditions cumulatives — un établissement stable et effectif, l'honorabilité professionnelle, la capacité financière et la capacité professionnelle. Cette dernière est précisément ce que sanctionne l'examen que vous préparez, et elle est portée par une personne physique, le gestionnaire de transport, qui doit diriger effectivement et en permanence l'activité de transport. La capacité financière, elle, se calcule par véhicule : 9 000 € pour le premier véhicule de plus de 3,5 tonnes puis 5 000 € par véhicule supplémentaire, 1 800 € puis 900 € pour les véhicules n'excédant pas 3,5 tonnes.
Le 1072/2009 décide ensuite ce que l'entreprise peut faire. Le titre d'exploitation est la licence communautaire en international, la licence de transport intérieur pour l'entreprise qui n'exploite que des véhicules n'excédant pas 3,5 tonnes en national ; l'une comme l'autre sont délivrées pour 10 ans au maximum. L'original reste au siège, et l'entreprise reçoit autant de copies certifiées conformes qu'elle a de véhicules — c'est bien le parc, et non l'effectif de conducteurs ni le nombre de pays desservis, qui commande ce nombre. Depuis le 21 mai 2022, la dispense de licence en international ne joue plus que sous 2,5 tonnes : un véhicule de 3 tonnes exige désormais une licence portant la mention « ≤ 3,5 t ».
Le cabotage est l'exception encadrée à ce principe de territorialité. Un transporteur non résident ne peut effectuer des transports intérieurs qu'après un transport international entrant et son déchargement complet : 3 opérations au maximum en 7 jours, chacune justifiée sur la route par les mentions de l'article 8 du règlement — expéditeur, destinataire, dates, lieux, nature et masse de la marchandise, immatriculations. Aucune autorisation préalable n'existe. Depuis le Paquet Mobilité, une carence de 4 jours interdit au même véhicule de recommencer dans le même pays juste après. Enfin, l'autorisation multilatérale du Forum international des transports, contingentée et valable une année civile, n'autorise jamais le cabotage.
Trois questions d'entraînement, corrigées
Trois questions de la banque CapaTransport, au format exact du QCM officiel — quatre propositions, une seule réponse admise — sur trois thèmes différents de la matière :
La pause obligatoire de 45 minutes peut être fractionnée en :
- une période de 30 minutes suivie d'une période de 15 minutes
- trois périodes de 15 minutes
- une période de 15 minutes suivie d'une période de 30 minutes, dans cet ordre
- deux périodes de durée librement choisie
Voir la réponse
Réponse : c. L'article 7 du règlement (CE) n° 561/2006 impose une pause d'au moins 45 minutes après 4 h 30 de conduite, et n'admet qu'un seul découpage : une première interruption d'au moins 15 minutes, puis une seconde d'au moins 30 minutes. L'ordre est prescrit par le texte, ce qui élimine la proposition a alors même qu'elle totalise bien 45 minutes — c'est tout l'objet de la question. Trois tranches de 15 minutes ne sont pas davantage admises, et le conducteur ne choisit pas librement ses durées. Pendant cette pause, il ne peut effectuer aucune tâche : elle sert exclusivement à la récupération.
Lors d'un contrôle sur route, le conducteur doit être en mesure de justifier de ses activités pour la journée en cours et pour :
- les vingt-huit jours civils précédents
- les cinquante-six jours précédents
- les quatre-vingt-dix jours précédents
- le seul mois calendaire en cours
Voir la réponse
Réponse : b. L'article 36 du règlement (UE) n° 165/2014, dans sa rédaction issue du Paquet Mobilité, exige depuis le 31 décembre 2024 que le conducteur présente sa carte, ses feuilles d'enregistrement et ses impressions pour la journée en cours et les cinquante-six jours précédents — la période a été doublée, elle était de vingt-huit jours auparavant. La proposition a est donc la bonne réponse d'hier, et c'est précisément pour cela qu'elle figure ici : beaucoup de supports de révision et de corrigés en circulation n'ont pas été mis à jour. À ne pas confondre avec deux autres périodes voisines : les 28 jours sont la fréquence maximale de téléchargement de la carte par l'entreprise, les 90 jours celle de l'unité embarquée du véhicule.
À l'issue d'un cycle de cabotage, le Paquet Mobilité interdit au même véhicule toute nouvelle opération de cabotage dans le même pays pendant :
- 24 heures
- 2 jours
- 7 jours
- 4 jours
Voir la réponse
Réponse : d. Le règlement (UE) 2020/1055 a ajouté à l'article 8 du règlement (CE) n° 1072/2009 une période de carence — le « cooling-off » — de 4 jours : une fois ses 3 opérations de cabotage effectuées, le véhicule ne peut plus en réaliser dans le même État membre avant l'expiration de ce délai. L'objectif est d'empêcher le cabotage systématique déguisé en enchaînant les allers-retours internationaux. Le piège de la question est la proposition c : les 7 jours existent bel et bien, mais ce sont ceux du cycle lui-même, c'est-à-dire le délai dont dispose le transporteur, après le déchargement complet de son transport international entrant, pour effectuer ses 3 opérations. Sept jours pour caboter, quatre jours pour attendre.
Les confusions qui coûtent des points
- Conducteur ou entreprise. Le 561/2006 s'adresse au conducteur, le 1071/2009 et le 1072/2009 à l'entreprise. Avant de chercher un chiffre, identifiez de quel côté la question se place.
- 9 heures de conduite, 9 heures de repos. Le même nombre désigne la conduite journalière normale et le repos journalier réduit. L'énoncé dit toujours lequel — encore faut-il le lire.
- 28 jours ou 56 jours. 28 jours, c'est la fréquence de téléchargement de la carte de conducteur ; 56 jours, la profondeur d'historique exigée sur la route depuis fin 2024.
- 7 jours ou 4 jours. Sept jours pour réaliser les 3 opérations de cabotage, quatre jours de carence après le cycle.
- 2,5 ou 3,5 tonnes. Depuis 2022, la dispense de licence en international s'arrête à 2,5 tonnes ; depuis le 1er juillet 2026, les règles de conduite et le tachygraphe s'appliquent aussi dès ce seuil en international. Les 3,5 tonnes restent la frontière du transport « léger » en national.
- Repos normal ou repos réduit en cabine. Les 45 heures se prennent hors du véhicule, les 24 heures peuvent s'y prendre. Les questions inversent volontiers les deux.
S'entraîner sur cette matière
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Sources
- Règlement (CE) n° 1071/2009 — annexe I (programme officiel de l'examen), conditions d'accès à la profession, gestionnaire de transport, honorabilité.
- Règlement (CE) n° 561/2006 — définition de la semaine (art. 4), durées de conduite (art. 6), pauses (art. 7), repos journaliers et hebdomadaires, équipage, retour du conducteur (art. 8).
- Règlement (CE) n° 1072/2009 — licence communautaire et copies certifiées conformes (art. 4), transports dispensés de licence (art. 1er), cabotage, justificatifs et période de carence (art. 8).
- Règlement (UE) n° 165/2014 — tachygraphe intelligent (art. 3), inspection biennale en atelier agréé (art. 23), documents à présenter sur la route (art. 36) ; fréquences de téléchargement fixées par le règlement (UE) n° 581/2010.
- Paquet Mobilité : règlement (UE) 2020/1054 (temps de conduite, retour du conducteur, tachygraphe) et règlement (UE) 2020/1055 (établissement, seuil de 2,5 tonnes, carence de cabotage).
- Code des transports — inscription au registre et licences (art. L. 3211-1 et L. 3411-1), livret individuel de contrôle (art. R. 3312-19 et R. 3312-58) ; arrêté du 9 novembre 1999 — documents devant se trouver à bord des véhicules.
- Les trois questions reproduites sont issues de la banque d'entraînement de CapaTransport : ce ne sont pas des questions d'annales, mais des questions rédigées au format de l'épreuve et vérifiées sur les textes cités.
- Consulté et vérifié le 6 août 2026.
Questions fréquentes
Quelles sont les durées maximales de conduite ?
Le règlement (CE) n° 561/2006 fixe trois plafonds à retenir ensemble : 9 heures de conduite par jour, portées à 10 heures deux fois par semaine ; 56 heures sur une semaine, du lundi 0 heure au dimanche 24 heures ; 90 heures sur deux semaines consécutives. À quoi s'ajoute la conduite continue : 4 h 30 au maximum, puis une pause d'au moins 45 minutes.
Qu'est-ce que le cabotage ?
C'est un transport intérieur effectué dans un État membre par un transporteur qui n'y est pas établi. Il n'est autorisé qu'à la suite d'un transport international entrant, une fois la marchandise entièrement déchargée : le règlement (CE) n° 1072/2009 permet alors 3 opérations au maximum dans un délai de 7 jours. Depuis le Paquet Mobilité, le même véhicule ne peut plus caboter dans le même pays pendant les 4 jours qui suivent la fin de ce cycle.
Combien de questions de réglementation y a-t-il à l'examen ?
Aucune répartition chiffrée officielle n'existe : ni l'arrêté ni le sujet ne fixent de quota par matière, et les tableaux de répartition qui circulent en ligne ne reposent sur aucun texte. Ce qu'on observe sur les sujets publiés, c'est que la réglementation tombe chaque année, le plus souvent sur les temps de conduite et de repos, le tachygraphe et les titres d'exploitation.
À quoi sert la carte de conducteur du chronotachygraphe ?
Elle identifie le conducteur auprès de l'appareil et enregistre ses activités : conduite, autre tâche, disponibilité, repos. Personnelle et incessible, elle est valable 5 ans et un conducteur ne peut en détenir qu'une seule. L'entreprise doit en télécharger les données au moins tous les 28 jours, celles de l'unité embarquée du véhicule au moins tous les 90 jours, et conserver le tout pendant un an.
Dernière mise à jour : 7 août 2026.