Gestion et analyse financière à l'examen de capacité de transport : programme et questions corrigées
Une entreprise de transport peut afficher un bénéfice et déposer son bilan la même année : le résultat se lit dans le compte de résultat, la mort se lit dans la trésorerie. Comprendre cet écart, c'est tout l'objet de la matière — celle qui élimine près d'un candidat présent sur deux à l'épreuve rédigée.
- Le bilan photographie un patrimoine à une date, le compte de résultat retrace un exercice : ne cherchez jamais un chiffre dans le mauvais document.
- La capacité financière se lit dans les capitaux propres : 9 000 € pour le premier véhicule lourd, 5 000 € par véhicule supplémentaire.
- C'est la matière de l'épreuve rédigée, où 48,6 % des présents ont eu une note éliminatoire en 2024, contre 10,6 % au QCM.
Dans cette page
- Pourquoi cette matière compte à l'examen
- Ce que recouvre la matière à l'examen
- L'analyse financière : bilan et compte de résultat, deux documents, deux questions
- Le seuil de rentabilité, ou le jour où l'entreprise commence à gagner
- La capacité financière, une condition d'accès qui se lit au bilan
- La TVA, le réflexe hors taxes
- Le coût de revient : la suite de cette page
- Trois questions d'entraînement, corrigées
- Les confusions qui coûtent des points
- Un exercice de l'épreuve rédigée, en vrai
- S'entraîner sur cette matière
- Sources
- Questions fréquentes
Pourquoi cette matière compte à l'examen
La gestion a un statut à part : c'est la seule matière du programme qui tombe dans les deux épreuves. Au QCM, sous forme de questions sèches sur un montant de capacité financière, la place d'un poste au bilan ou une formule d'amortissement. Et dans l'épreuve rédigée, où elle occupe l'essentiel de la copie — un problème de coût de revient est presque systématique, souvent accompagné d'une lecture de bilan ou d'un calcul de seuil de rentabilité.
Les chiffres officiels disent le reste. À la session 2024, 48,6 % des candidats présents ont eu une note éliminatoire à l'épreuve rédigée — moins de 40 sur 100 — contre 10,6 % au QCM (rapport du jury de la DGITM). Or l'admission exige trois conditions cumulées : au moins 120/200 au total, au moins 50/100 au QCM et au moins 40/100 au rédigé, le tout en 4 h 15. Un excellent QCM ne rattrape donc jamais un écrit sous la barre : le détail du barème est sur notre page Comment se passe l'examen, et les taux de réussite session par session sur celle des chiffres officiels.
Une mise en garde d'emblée : aucune répartition chiffrée officielle des 50 questions par matière n'existe. Les tableaux du type « 8 questions de gestion » qui circulent en ligne ne reposent sur aucun texte. Ce qu'on peut dire en lisant les sujets publiés, c'est que la matière tombe chaque année, et que son poids réel se joue surtout dans la copie rédigée.
Ce que recouvre la matière à l'examen
Le programme officiel est l'annexe I du règlement (CE) n° 1071/2009, dont le cinquième domaine porte sur la gestion commerciale et financière de l'entreprise : lecture du bilan et du compte de résultat, calcul du coût de revient, amortissements, capacité financière, interdiction de vendre une prestation de transport à perte. Traduit en thèmes de questions, cela donne :
- La lecture du bilan. Actif immobilisé et actif circulant, capitaux propres, dettes financières et dettes d'exploitation, et les trois indicateurs qui s'en déduisent : fonds de roulement net global, besoin en fonds de roulement, trésorerie nette.
- Le compte de résultat et les soldes intermédiaires. Produits et charges de l'exercice, valeur ajoutée, excédent brut d'exploitation, résultat net, capacité d'autofinancement.
- Le coût de revient. Charges variables et charges fixes, méthode du monôme, du binôme et du trinôme, termes kilométrique, horaire et journalier, prix de vente et marge — le sujet phare de l'épreuve rédigée, détaillé sur notre page Le coût de revient en transport routier.
- Les immobilisations et les amortissements. Amortissement linéaire, valeur nette comptable, plus ou moins-value de cession, seuil de comptabilisation du petit matériel en charges.
- Le seuil de rentabilité. Marge sur coût variable, taux de marge sur coût variable, seuil de rentabilité en valeur, point mort en jours.
- Le financement et la trésorerie. Emprunt bancaire, crédit-bail, affacturage, découvert et concours bancaires courants, délais de paiement, ratios d'indépendance financière, de liquidité générale et de rentabilité commerciale.
- La capacité financière. Montants exigés selon le nombre et le tonnage des véhicules, justification par les capitaux propres, garanties admises en complément — une condition d'accès à la profession que l'on retrouve côté réglementation.
- Le cadre commercial du prix. Interdiction de facturer sous le coût de la prestation, révision du prix en fonction du gazole, délais de paiement propres au transport.
L'analyse financière : bilan et compte de résultat, deux documents, deux questions
Tout commence par là, et la plupart des points perdus au QCM viennent d'une confusion entre les deux. Le bilan répond à la question « que possède l'entreprise, et avec quel argent ? » : c'est une photographie prise à une date, en général le 31 décembre. Le compte de résultat répond à « qu'a-t-elle gagné ou perdu cette année ? » : c'est un film, celui de l'exercice écoulé. Un camion figure au bilan ; le gazole qu'il a brûlé figure au compte de résultat.
Le bilan se lit en deux colonnes qui s'équilibrent toujours au centime près. À gauche, l'actif : les emplois, ce que l'entreprise possède et utilise, classés par liquidité croissante. À droite, le passif : les ressources, l'origine de l'argent, classées par exigibilité croissante. Présenté sous sa forme fonctionnelle, il se lit par étages — et chaque étage donne un indicateur.
| Actif — les emplois | Passif — les ressources |
|---|---|
| Actif immobilisé. Tracteurs, semi-remorques, hayons, matériel d'atelier, logiciel d'exploitation, dépôt : tout ce qui sert durablement l'activité, inscrit pour sa valeur nette comptable. | Capitaux permanents. Capitaux propres — capital social, réserves, report à nouveau, résultat de l'exercice — puis dettes financières à plus d'un an. C'est dans les capitaux propres que se lit la capacité financière. |
| Actif circulant d'exploitation. Stocks de gazole, de pièces et de pneumatiques, créances clients : ce qui a vocation à se transformer en trésorerie à court terme. | Dettes d'exploitation. Fournisseurs, dettes fiscales et sociales : le crédit que l'activité s'accorde à elle-même. |
| Trésorerie active. Banque, caisse, placements immédiatement disponibles. | Trésorerie passive. Découvert et concours bancaires courants. |
Ces trois soldes forment un raisonnement, et c'est lui que les sujets vérifient. Le fonds de roulement net global mesure l'excédent de ressources stables une fois les immobilisations financées : capitaux permanents − actif immobilisé. Le besoin en fonds de roulement mesure ce que coûte le décalage du cycle d'exploitation — on paie le gazole et les salaires avant d'être payé par le client : stocks + créances d'exploitation − dettes d'exploitation. La trésorerie nette est ce qui reste : FRNG − BFR. Une trésorerie durablement négative ne signifie pas que l'entreprise perd de l'argent, mais que son fonds de roulement ne couvre pas son besoin : elle finance son exploitation à découvert, la forme de crédit la plus chère qui soit. C'est précisément ainsi que meurent des entreprises bénéficiaires.
Le transport routier est d'ailleurs un métier à BFR sensible : les charges partent tout de suite, les recettes rentrent après. Le législateur l'a compris — les factures de transport routier de marchandises se paient au maximum 30 jours à compter de leur date d'émission, un plafond impératif qu'aucune clause ne peut allonger, contre 60 jours dans le droit commun (voir notre page droit civil et commercial).
Côté compte de résultat, l'examen attend la cascade des soldes intermédiaires de gestion. On part de la production de l'exercice — pour un transporteur, ses ventes de prestations —, on en retire les consommations en provenance des tiers — gazole, péages, entretien, sous-traitance — et l'on obtient la valeur ajoutée, la richesse réellement créée par l'entreprise. On y ajoute les subventions d'exploitation, on retire les impôts et taxes puis les charges de personnel : c'est l'excédent brut d'exploitation, la ressource dégagée par l'exploitation avant toute politique d'amortissement et de financement. Viennent ensuite les dotations aux amortissements, les charges financières et l'impôt, jusqu'au résultat net. Enfin, en réintégrant à ce résultat les dotations aux amortissements et provisions — des charges calculées, qui n'ont fait sortir aucun euro —, on obtient la capacité d'autofinancement : l'argent que l'activité laisse réellement à l'entreprise pour rembourser ses emprunts et renouveler ses véhicules. Dans une entreprise de transport, les deux postes qui écrasent tous les autres entre la valeur ajoutée et l'EBE sont le personnel de conduite et le carburant : c'est pour cela qu'un point de marge se gagne rarement sur les frais de siège.
Le seuil de rentabilité, ou le jour où l'entreprise commence à gagner
Deuxième outil récurrent, et le plus facile à sécuriser. On sépare les charges en deux : celles qui suivent l'activité — gazole, pneumatiques, péages — et celles qui courent quoi qu'il arrive — amortissement, assurances, salaire du conducteur, loyer du dépôt. La différence entre le chiffre d'affaires et les charges variables donne la marge sur coût variable, et c'est elle, et elle seule, qui sert à payer les charges fixes.
Le seuil de rentabilité est le chiffre d'affaires auquel cette marge couvre exactement les charges fixes : ni bénéfice, ni perte. On l'obtient en divisant les charges fixes par le taux de marge sur coût variable. Rapporté au chiffre d'affaires annuel et multiplié par 360, il se transforme en point mort, exprimé en jours : la date à partir de laquelle l'année devient bénéficiaire. Le transport routier étant une activité à charges fixes lourdes — un ensemble articulé coûte cher à l'arrêt —, le seuil y est haut et le point mort tardif : chaque jour d'immobilisation d'un véhicule le repousse un peu plus.
La capacité financière, une condition d'accès qui se lit au bilan
C'est le point où la gestion rejoint la réglementation. Pour être inscrite au registre des transporteurs, une entreprise doit satisfaire quatre conditions cumulatives posées par le règlement (CE) n° 1071/2009 — un établissement stable et effectif, l'honorabilité professionnelle, la capacité professionnelle (l'examen que vous préparez) et la capacité financière. Cette dernière se calcule par véhicule : 9 000 € pour le premier véhicule de plus de 3,5 tonnes, puis 5 000 € par véhicule supplémentaire ; 1 800 € puis 900 € pour les véhicules n'excédant pas 3,5 tonnes. Une entreprise exploitant quatre poids lourds doit donc justifier de 9 000 + 3 × 5 000 = 24 000 €.
Trois précisions font la différence à l'examen. La capacité financière s'apprécie sur les capitaux propres figurant au bilan, tels qu'ils ressortent de comptes annuels attestés par un expert-comptable ou certifiés par un commissaire aux comptes — pas sur le chiffre d'affaires, pas sur le solde du compte bancaire. Lorsque ces capitaux propres ne suffisent pas, des garanties comme une caution bancaire peuvent les compléter, mais dans la limite de la moitié du montant exigé : la moitié au moins doit venir de l'entreprise elle-même. Et la condition n'est pas acquise une fois pour toutes : elle se vérifie chaque année sur les comptes déposés, une entreprise qui passe sous le seuil s'exposant au retrait de ses licences.
La TVA, le réflexe hors taxes
La gestion suppose enfin de comprendre pourquoi tous les calculs de l'épreuve se mènent hors taxes. La TVA n'est pas une charge de l'entreprise : celle-ci collecte la taxe sur ce qu'elle facture, déduit celle qu'elle a payée sur ses achats, et ne reverse au Trésor que la différence. Elle n'est qu'un intermédiaire — le transport de marchandises relevant du taux normal de 20 %. Conséquence directe : un poste donné toutes taxes comprises dans un énoncé doit être ramené hors taxes avant tout calcul de coût de revient, en le divisant par 1,2. C'est le piège le plus rentable de l'épreuve rédigée, d'autant que certains postes, comme les péages, sont déjà donnés hors taxes.
Le prix, lui, n'est pas entièrement libre. Le code des transports interdit de proposer un prix de transport inférieur au coût de la prestation, et il impose que le prix soit révisé de plein droit pour tenir compte de la variation des charges de carburant entre la conclusion du contrat et son exécution : c'est le mécanisme dit du pied de facture. À défaut de stipulation contractuelle, l'indexation se fait sur les indices de gazole publiés par le Comité national routier, qui diffuse également des études de coûts de référence — mais qui ne fixe, lui, aucun tarif obligatoire : ses indices sont des repères, pas un barème imposé.
Le coût de revient : la suite de cette page
Reste le calcul qui pèse le plus lourd dans la copie, et qui mérite à lui seul une page entière : le coût de revient. Répartir les charges annuelles entre variables et fixes, les ramener au kilomètre, à l'heure et au jour, chiffrer une opération puis en déduire un prix de vente — c'est l'exercice type de l'épreuve rédigée, et celui qui vous servira encore le jour où vous fixerez vos prix.
Nous l'avons traité en entier, méthode puis exercice corrigé chiffre par chiffre, sur notre page Le coût de revient en transport routier : méthode et exemple corrigé — les trois formes du calcul, le passage en hors taxes, le coût du conducteur charges patronales comprises, les arrondis attendus et les pièges qui coûtent des points. C'est le prolongement naturel de ce que vous venez de lire : le bilan et le compte de résultat disent d'où vient l'argent, le coût de revient dit ce que coûte un camion qui roule.
Trois questions d'entraînement, corrigées
Trois questions de la banque CapaTransport, au format exact du QCM officiel — quatre propositions, une seule réponse admise — sur trois thèmes différents de la matière :
En principe, l'entreprise justifie sa capacité financière :
- par son chiffre d'affaires annuel hors taxes
- par le montant de ses capitaux propres
- par le solde de son compte bancaire au 31 décembre
- par la valeur totale de ses véhicules détenus
Voir la réponse
Réponse : b. La capacité financière s'apprécie au vu des capitaux propres — capital social, réserves, report à nouveau et résultat de l'exercice — tels qu'ils ressortent des comptes annuels attestés par un expert-comptable ou certifiés par un commissaire aux comptes. Ils doivent atteindre au moins le montant exigé selon le nombre et le tonnage des véhicules : 9 000 € pour le premier poids lourd, 5 000 € par véhicule supplémentaire. Les trois autres propositions désignent des grandeurs qui ne mesurent pas la solidité de l'entreprise. Le chiffre d'affaires mesure l'activité, pas ce qu'il en reste : on peut facturer un million et n'avoir aucun capital. Le solde bancaire au 31 décembre est un instantané, qu'un virement suffit à gonfler la veille de la clôture. Quant à la valeur des véhicules, elle figure à l'actif et peut être intégralement financée par emprunt — auquel cas elle ne représente aucune ressource propre, et c'est justement ce que la condition cherche à écarter. Voilà pourquoi savoir lire la colonne de droite du bilan n'est pas un exercice scolaire : c'est ce qui décide de l'inscription au registre.
Un emprunt bancaire contracté pour acheter un véhicule figure :
- à l'actif immobilisé, avec les véhicules
- à l'actif circulant, avec les stocks
- dans les produits du compte de résultat
- au passif, dans les dettes financières
Voir la réponse
Réponse : d. Le réflexe à installer : toute opération touche deux postes du bilan à la fois. Le camion est un emploi durable, il entre à l'actif immobilisé ; l'emprunt qui l'a financé est une ressource à rembourser, il s'inscrit au passif, dans les dettes financières. Les deux colonnes augmentent du même montant et le bilan reste équilibré — ce que les propositions a et b ignorent en confondant le bien et son financement. La proposition c est plus intéressante, car elle mélange les deux documents : un emprunt n'est ni un produit ni une charge. L'encaissement du capital emprunté n'apparaît jamais au compte de résultat, et son remboursement non plus ; seuls les intérêts constituent une charge financière de l'exercice. C'est la raison pour laquelle une entreprise peut afficher un beau résultat et manquer de trésorerie : les échéances d'emprunt sortent de la banque sans passer par le résultat. Dernière conséquence, utile en analyse : un emprunt à plus d'un an rejoint les capitaux permanents et augmente donc le fonds de roulement — financer un véhicule sur cinq ans plutôt qu'à découvert, c'est exactement ce que traduit ce déplacement d'étage.
Une entreprise supporte 200 000 € de charges fixes et son taux de marge sur coût variable est de 40 % ; son seuil de rentabilité s'élève à :
- 80 000 €
- 240 000 €
- 500 000 €
- 800 000 €
Voir la réponse
Réponse : c. Seuil de rentabilité = charges fixes ÷ taux de marge sur coût variable, soit 200 000 ÷ 0,40 = 500 000 € de chiffre d'affaires. Le raisonnement vaut mieux que la formule : chaque euro facturé laisse 0,40 € une fois payées les charges variables ; il faut donc facturer 500 000 € pour que la marge sur coût variable atteigne 200 000 € et couvre exactement les charges fixes — ni bénéfice, ni perte. La proposition a est le piège classique, celui de la multiplication au lieu de la division (200 000 × 0,40) : méfiez-vous d'un seuil de rentabilité inférieur aux charges fixes, c'est arithmétiquement impossible. Le prolongement attendu dans un sujet rédigé est le point mort : si cette entreprise réalise 750 000 € de chiffre d'affaires dans l'année, il tombe à (500 000 ÷ 750 000) × 360 = 240 jours, soit la fin du mois d'août — les quatre derniers mois faisant le bénéfice. En transport, ce point mort est tardif, parce que les charges fixes y sont lourdes : amortissement du véhicule, assurances, salaire du conducteur. D'où la règle du métier : un camion à l'arrêt continue de coûter, et repousse la date d'un peu plus loin.
Les confusions qui coûtent des points
- Bilan ou compte de résultat. Un patrimoine à une date d'un côté, l'activité d'un exercice de l'autre. Le camion est au bilan, le gazole au compte de résultat, l'emprunt au bilan et ses intérêts au compte de résultat.
- Bénéfice ou trésorerie. Le résultat n'est pas de l'argent en banque. Trésorerie nette = FRNG − BFR : une entreprise bénéficiaire à trésorerie négative finance son exploitation à découvert.
- Coût de revient ou prix de vente. La marge s'applique après le coût de revient, jamais l'inverse — et le code des transports interdit de descendre sous le coût de la prestation.
- Hors taxes ou toutes taxes comprises. La TVA n'est pas une charge : tout se calcule hors taxes. Repérez dans l'énoncé les postes donnés TTC, et eux seuls, avant de diviser par 1,2.
- Capitaux propres ou chiffre d'affaires. La capacité financière se justifie par les premiers. Le second ne prouve rien, et la valeur des véhicules encore moins.
- Seuil de rentabilité ou point mort. Le premier est un montant en euros, le second une date en jours. Le sujet demande souvent les deux à la suite : lisez l'unité attendue.
- Charge ou immobilisation. Ce qui sert durablement s'immobilise et s'amortit ; le petit matériel dont la valeur unitaire n'excède pas 500 € HT peut, par tolérance, passer directement en charges.
Un exercice de l'épreuve rédigée, en vrai
Voici à quoi ressemble un exercice généré par l'application — celui-ci sort de l'atelier Délais de paiement, tel quel : dossier d'entreprise, annexe chiffrée, question fermée, correction dépliable. À l'examen, le problème de gestion se présente exactement sous cette forme.
Exemple réel généré par l'atelier Délais de paiement — chaque exercice est unique.
Vous êtes président(e) de la SASU FONTBRIALOG, entreprise de transport public routier de marchandises implantée à Mont-de-Marsan (40). Son parc compte neuf porteurs frigorifiques dédiés au transport sous température dirigée en Nouvelle-Aquitaine. Le fabricant d'emballages DUTHIL règle avec retard depuis octobre et vous préparez un entretien de recouvrement au début du prochain exercice ; les postes du bilan et le chiffre d'affaires figurent en annexe 1.
| Chiffre d'affaires annuel (HT) | 1 056 000 € |
|---|---|
| Achats annuels (HT) | 340 000 € |
| Créances clients | 176 000 € |
| Dettes fournisseurs | 43 100 € |
| Taux de TVA applicable | 20 % |
Le délai moyen de règlement des clients respecte-t-il le plafond légal applicable au transport routier de marchandises ?
- Non : il excède le plafond de trente jours applicable au transport routier de marchandises.
- Oui : aucun plafond ne s'applique entre professionnels.
- Non : tout délai supérieur à quarante-cinq jours fin de mois est prohibé en toute activité.
- Oui : le plafond légal ne vise que les délais fournisseurs, pas les délais clients.
Voir la correction
Bonne réponse : « Non : il excède le plafond de trente jours applicable au transport routier de marchandises. »
Le délai moyen de règlement des clients (50,0 jours) excède le plafond légal de trente jours applicable aux factures de transport routier de marchandises (article L. 441-11 du code de commerce) : ce plafond spécifique au secteur est plus strict que le délai maximal de droit commun de soixante jours applicable entre professionnels. Toute justification qui invoque un délai ou un plafond étranger au régime spécifique du transport routier de marchandises est à écarter.
+ 4 étapes de calcul dans l'application (chiffre d'affaires et achats toutes taxes comprises, délais clients et fournisseurs).
S'entraîner sur cette matière
CapaTransport contient plus de 70 questions de gestion, corrigées et expliquées, et des générateurs d'exercices de coût de revient qui fabriquent un sujet neuf à chaque tirage — avec un moteur de révision qui recycle vos erreurs jusqu'à ce qu'elles soient acquises. Créer un compte gratuit pour commencer, ou revoir d'abord le programme complet et les annales.
Sources
- Règlement (CE) n° 1071/2009 — programme officiel de l'examen (annexe I, domaine « gestion commerciale et financière de l'entreprise »), quatre conditions d'accès à la profession (art. 3) et capacité financière (art. 7).
- Code des transports — interdiction de facturer sous le coût de la prestation (art. L. 3221-1), révision de plein droit du prix en fonction de la variation des charges de carburant (art. L. 3222-1 et L. 3222-2).
- Code de commerce — délai de paiement plafonné à 30 jours à compter de la date d'émission de la facture pour le transport routier de marchandises (art. L. 441-11).
- Rapport du jury, session 2024 (DGITM) — notes éliminatoires par épreuve : 48,6 % à l'écrit rédigé, 10,6 % au QCM.
- Article 5 de l'arrêté du 28 décembre 2011 modifié — structure des épreuves, durée de 4 h 15, barème et seuils d'admission.
- Vocabulaire comptable (bilan, soldes intermédiaires de gestion, amortissements, seuil de rentabilité) : plan comptable général. Ces notions ne sont pas propres au transport ; l'examen les attend dans leur acception courante.
- Les trois questions reproduites sont issues de la banque d'entraînement de CapaTransport : ce ne sont pas des questions d'annales, mais des questions rédigées au format de l'épreuve et vérifiées sur les textes cités.
- L'exercice de l'épreuve rédigée reproduit est une sortie réelle du générateur Délais de paiement de l'application (graine en commentaire HTML) : données d'énoncé générées, plafond de 30 jours vérifié sur l'art. L. 441-11 du code de commerce.
- Consulté et vérifié le 6 août 2026.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la capacité financière ?
C'est l'une des quatre conditions d'accès à la profession de transporteur, avec l'établissement, l'honorabilité et la capacité professionnelle. L'entreprise doit disposer de ressources propres suffisantes pour démarrer et tenir : 9 000 € pour le premier véhicule de plus de 3,5 tonnes et 5 000 € par véhicule supplémentaire, 1 800 € puis 900 € pour les véhicules n'excédant pas 3,5 tonnes. Elle se justifie par les capitaux propres du bilan, tels qu'ils ressortent des comptes annuels attestés par un expert-comptable ou certifiés par un commissaire aux comptes — et non par le chiffre d'affaires ni par la valeur des véhicules. À défaut de capitaux propres suffisants, des garanties comme une caution bancaire peuvent compléter, dans la limite de la moitié du montant exigé.
L'épreuve de gestion est-elle éliminatoire ?
Il n'existe pas de note éliminatoire par matière, mais il en existe une par épreuve — et la gestion tombe dans celle qui élimine. Pour être reçu, il faut au moins 120 points sur 200 au total, avec au minimum 50/100 au QCM et 40/100 à l'épreuve rédigée, celle où se trouvent le coût de revient et les problèmes de gestion financière. Or, à la session 2024, 48,6 % des candidats présents ont eu une note éliminatoire à l'épreuve rédigée, contre 10,6 % au QCM (rapport du jury de la DGITM). Près d'un candidat présent sur deux est donc écarté sur cette seule épreuve.
Combien de questions de gestion y a-t-il à l'examen ?
Aucune répartition chiffrée officielle n'existe : ni l'arrêté ni le sujet ne fixent de quota par matière, et les tableaux de répartition qui circulent en ligne ne reposent sur aucun texte. Ce qu'on observe sur les sujets publiés, c'est que la gestion tombe chaque année au QCM — capacité financière, lecture de bilan, amortissements — et qu'elle occupe surtout l'épreuve rédigée, où un problème de coût de revient est presque systématique.
Comment calcule-t-on le seuil de rentabilité ?
On divise les charges fixes par le taux de marge sur coût variable : une entreprise qui supporte 200 000 € de charges fixes et dégage 40 % de marge sur coût variable atteint son seuil de rentabilité à 500 000 € de chiffre d'affaires. C'est le niveau d'activité auquel elle ne réalise ni bénéfice ni perte. En le rapportant au chiffre d'affaires annuel multiplié par 360, on obtient le point mort, exprimé en jours : la date de l'année à partir de laquelle l'entreprise commence à gagner de l'argent.
Dernière mise à jour : 10 septembre 2026.